Un conflit long de plus de 60 ans
En Colombie, la paix est en construction. Mais pour de nombreux enfants, les conséquences de dizaine d’années de conflit restent une réalité quotidienne.
Le conflit armé en Colombie est l’un des plus longs au monde. Depuis plus de soixante ans, guérillas, groupes paramilitaires et organisations criminelles s’affrontent dans un pays marqué par des montagnes et des jungles difficiles d’accès. Au fil des décennies, de nombreux acteurs ont participé aux combats : dissidents des FARC, guérillas comme l’ELN ou l’EPL, groupes paramilitaires et organisations criminelles liées au narcotrafic.
En 2016, un accord de paix a été signé entre le gouvernement et les FARC. Mais la paix reste fragile. Dans plusieurs régions, les affrontements se poursuivent entre groupes armés, forces gouvernementales et organisations criminelles.
Aujourd’hui, la Colombie est souvent décrite comme un pays en transition vers la paix.
Un conflit qui a marqué toute une génération
En plus de soixante ans de violence, le conflit a laissé des traces profondes :
– 260 000 morts, dont une grande majorité de civils
– 45 000 personnes disparues
– près de 8 millions de déplacés internes
– des milliers d’enfants recrutés par des groupes armés
La Colombie est également l’un des pays les plus contaminés par les mines antipersonnel au monde, après l’Afghanistan.
À ce conflit armé s’ajoute un autre, plus silencieux mais tout aussi destructeur : le narcotrafic, qui continue d’alimenter la violence et l’instabilité.
Les enfants, premières victimes
Aujourd’hui encore, les enfants restent particulièrement vulnérables.
Depuis 2025, on observe une recrudescence du recrutement de mineurs par les groupes armés, avec une tendance particulièrement préoccupante : le recrutement de plus en plus précoce des jeunes filles, parfois dès l’âge de 9 ans.
Au sein des groupes armés, ces filles sont très souvent exposées à des violences sexuelles et à de graves abus.
Pour ces enfants, quitter les groupes armés n’est que la première étape : leur reconstruction et leur réintégration restent un défi majeur.
Se reconstruire par l’art et le sport
Pour les jeunes sortis des groupes armés, se reconstruire prend du temps. WAPA soutient en Colombie des programmes innovants qui utilisent l’art et le sport comme outils thérapeutiques – pour aider ces adolescents à retrouver confiance, reconstruire leur identité et reprendre leur place dans la société. Chaque année, ce sont près d’une centaine de jeunes qui bénéficient de ces programmes à Cali et Medellín.
« Ces jours-ci, je me suis sentie très accablée, tout me stressait, tout me faisait transpirer et c’était à cause de l’anxiété que j’avais. J’ai commencé à tisser et mon corps a commencé à se détendre, j’ai trouvé la paix à l’intérieur de moi ».
Eva
WAPA soutient financièrement les programmes d’art-thérapie et de sport-thérapie appelés HILOS DE PAZ développés par son partenaire local Proyectarte.
Ce programme est mis en place dans deux centres de réinsertion (CAPRE) à Cali et Medellin. Leur capacité d’accueil est de 80 jeunes, – filles et garçons entre 14 et 18 ans sortis des groupes armés. Ils reçoivent une formation scolaire et professionnelle mise en place par le gouvernement colombien.






